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Un homme, c’est quoi ?
Question iconoclaste ? Pas vraiment. En deux générations le statut de l’homme occidental s’est complètement modifié. De pourvoyeur, nous sommes devenus des égaux. Notre position dominante a été
battu en brèche par un féminisme combattif, avec pour résultat que nous, jeunes hommes, trouvons tout à fait normal que nos conjointes et amies aient un statut professionnel égal ou supérieur au
nôtre.
La vraie révolution, elle est là. Pas besoin de politique ou d’économie, de Grand soir ou d’utopie. Le seul véritable séisme social que l’Occident ait connu dans son histoire récente
réside dans le très court laps de temps qui sépare la société traditionnelle et patriarcale d’une société fondée au moins partiellement sur l’égalité des sexes.
Depuis les chasseurs-cueilleurs jusqu’à nos grands-parents, l’homme disposait d’une supériorité sans partage sur la femme. Domination confortée par la tradition, la religion et les conventions
sociales. L’homme était élevé comme un être sans émotion. Il se mariait, faisait des enfants à sa femme, et partait travailler à l’usine ou aux champs. Il ramenait sa paye et n’avait pas pour
habitude de s’occuper quotidiennement de sa progéniture. Tout semblait figé dans l’espace et le temps.
Puis, en quelques dizaines d’années, tout a basculé, tout a changé. La femme a repris le contrôle de son corps. De simple matrice reproductive, elle a revendiqué son identité propre. La victoire,
sans être totale, est immense pour ces femmes qui ont du arracher leur liberté aux hommes qui ne voulaient pas la leur donner. L’éducation, la carrière, l’égalité dans le traitement. Chacune de
leurs luttes s’est terminée par une victoire.
L’homme est-il un loser ?
Pendant que la femme luttait et remportait des victoires au nom de l’égalité des sexes, que faisait l’homme ? Était-il le témoin passif de l’érosion de son autorité ? Il a résisté,
convaincu de son bon droit et de la valeur des traditions. Mais, morceau par morceau, il a cédé. L’homme moderne accepte désormais d’avoir une femme comme patron, ce qui aurait été impensable il
y à peine 50 ans. Il prend une part active dans l’éducation de ses enfants. Les congés de maternité sont devenus des congés parentaux. Le partage des tâches fait partie du quotidien.
L’homme occidental du 21e siècle va se définir comment ? La destruction de l’ordre patriarcal sonne-t-il le glas définitif du modèle masculin traditionnel ?
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C'est clair qu'il y a encore des chantiers. Mais la transformation la plus marquée est dans les esprits. Avoir une femme pour patron, même si elles sont moins nombreuses encore que les hommes, n'est plus jugé anormal ou exceptionnel.
Encore une génération et nous tendrons vers la parité professionnelle, jusque dans les postes de gestion.
J'aime bien ton dernier point. La participation de l'homme à l'éducation des enfants est aussi valorisante. Je me fie à mon expérience personnelle et je sais que ma présence régulière et mes interventions aident sincèrement mon enfant. Elle a accès à des modèles différents et complémentaires.
C'est évident que des changements de cette ampleur vont prendre du temps. Mais la roue est en marche et il sera dur de l'arrêter ou de revenir en arrière.