Partager l'article ! Le mystère résolu: Je fais partie de ceux que la poussée conservatrice dans la région de Québec n’a pas surpris. Elle était prévisible d ...
Je fais partie de ceux que la poussée conservatrice dans la région de Québec n’a pas surpris. Elle était prévisible depuis le début des années
2000. Pourquoi ?
L’aspect démographique. Je l’ai déjà dit sur ce blogue, le nationalisme québécois est défensif. Il cherche à protéger ses acquis
contre les empiètements réels ou imaginaires de la culture anglo-saxonne. Or, à Québec, l’intrusion de cette culture est presque nulle. Le territoire est homogène, blanc et francophone. Cette
écrasante majorité ne se sent pas menacé par l’Autre, qu’il soit anglophone ou immigrant. Le réflexe défensif d’une minorité y est donc beaucoup moins fort qu’ailleurs.
Le rapport à l’État. Une partie du fameux « mystère Québec » reposerait sur l’incompréhension des citoyens envers une population pourtant gâtée par l’État provincial. Ceux qui pensent ainsi ne connaissent pas très bien la ville. L’État
est nettement moins attractif pour les jeunes depuis les vagues de coupures et de départs à la retraite des années 1990. La mise en place des tickets de recrutement pour l’entrée dans la fonction
publique a fait de celle-ci un club sélect. La majorité des jeunes de la région font désormais partie du secteur privé, où les salaires sont meilleurs et où la pénétration syndicale est moins
forte. L’État est désormais perçu, parfois par ses propres travailleurs, comme un repère de tablettés en attente de la retraite.
La politique. Québec a toujours été tiède envers la souveraineté.
Jusqu’au scandale des commandites, les Libéraux de Jean Chrétien remportaient toujours des sièges dans la région, allant parfois chercher d’importantes majorités. L’ampleur du scandale et le
discrédit durable du parti rouge n’a pas créé un report des votes vers le Bloc québécois, identifié à l’option, mais vers le Parti Conservateur fédéraliste, indépendamment de la qualité souvent
discutable de ses candidats.
Les médias de droite. Difficile à dire si les médias régionaux font partie des causes de l’émergence d’une droite structurée, ou
si elle n’est qu’un symptôme. Grâce aux médias – particulièrement la radio – les valeurs de la droite ont acquis une notoriété inconnue ailleurs dans la province. Les radios locales ont une ligne
éditoriale claire et font de la politique partisane active. Leur soutien aux candidats de l’ADQ et du Parti conservateur est clairement revendiqué. L’extraordinaire popularité de ces radios (CHOI
et le FM93) tend à démontrer que les idées qu’elles véhiculent sont le reflet d’un courant d’opinion profondément enraciné dans la région.
J’y vais maintenant de ma petite ligne éditoriale.
Je fais partie du groupe cible des Conservateurs et de la droite régionale. Je suis jeune, blanc, francophone et j’ai un excellent emploi dans le secteur privé. Mais voilà, je ne suis pas
Conservateur. En fait, je fais même du lobbying contre eux au sein de ma famille et de mon groupe d’amis. Pourquoi ?

Ce gouvernement, son idéologie et ses valeurs me répugnent et pourtant, je ne suis pas gauchiste. J’ai seulement horreur qu’on me prenne pour un con. Les coupures dans la culture
ne sont que la goutte qui a fait déborder le vase. Je peux citer pêle-mêle des dossiers qui m’ont irrité au cours des derniers mois : la croisade anti développement régional de Blackburn,
qui a réussi le tour de force d’unir tous les intervenants de ce milieu contre lui. L’arrogance et le ton souverainement méprisant du sénateur non élu Fortier, qui a géré un budget de 5 milliards
de dollars sans jamais siéger en chambre pour répondre de ses actes. La destruction de l’image de marque du Canada au niveau international par la dérive guerrière du régime et par le non
rapatriement du pauvre type enfermé à Guantanamo. L’incompétence crasse d’un Bernier, probablement incapable de pointer le Canada sur une carte de l’Amérique du Nord, trop occupé à jouer à
touche-pipi avec une lobbyiste. Finalement, le maître à penser, Harper, dont les liens avec les pétrolières de son Alberta natale rendent suspectes toute décisions en leur faveur.
Ajout du 23 septembre: "Tout juste avant que les libéraux lancent leur programme, hier matin, Stephen
Harper nous a offert un retour dans le passé qui rappelle les plus belles heures de son ex-Reform Party. La criminalisation permanente des enfants de 14 ans telle que le propose maintenant
le Parti conservateur ne fait que répéter une promesse identique de son ancêtre disparu, aux élections de 2000. Elle reprend également des propos fort controversés de l’ancien ministre
de la Justice Vic Toews, qui voulait traiter comme délinquants et amener devant les tribunaux les enfants de 10 ans en difficulté. M. Toews avait par la suite été «remanié»
au Conseil du trésor, question de le faire taire. Il n’en pensait pas moins, et le chat vient de sortir du sac."
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